Selon un décret publié au Journal officiel le jeudi 12 mars 2026, les groupes de besoin en français et en mathématiques au collège, instaurés en 2024, deviendront facultatifs à partir de la rentrée de septembre 2026.
Cette réforme, pensée pour favoriser davantage d’égalité entre les élèves, suscite pourtant de nombreuses interrogations chez les parents :Votre enfant risque-t-il de prendre du retard ? Les élèves à l’aise vont-ils s’ennuyer ? Les enseignants pourront-ils réellement s’adapter à tous les niveaux ?
Groupes de besoin au collège : du obligatoire au facultatif, un changement majeur
Les groupes de besoin au collège avaient été introduits par l’ancien ministre de l’Éducation Gabriel Attal comme mesure phare du choc des savoirs.
Depuis la rentrée 2024, tous les élèves de 6e et 5e devaient suivre des cours de français et de mathématiques en groupes différenciés selon leur niveau et leurs besoins.
Cependant, une enquête publiée en novembre par le syndicat enseignant Snes-FSU révélait qu’à la rentrée 2025, moins d’un collège sur cinq appliquait strictement cette organisation.
Le 12 mars 2026, un nouveau décret — qui entrera en vigueur le 5 juillet 2026 — met fin à cette obligation. Le texte précise :
« cet accompagnement pédagogique renforcé (…) peut donner lieu à des organisations pédagogiques diversifiées (…) en fonction des besoins des élèves identifiés par les professeurs. »

Mais alors, qu’est-ce que cela change vraiment pour votre enfant ?
Sans groupes de besoin au collège : les bons élèves vont-ils s’ennuyer ?
Dans des classes plus hétérogènes, plusieurs effets peuvent apparaître :
- Un rythme d’apprentissage parfois ralenti pour permettre à tous de suivre
- Des exercices dont le niveau peut être ajusté à la baisse
- Moins d’opportunités d’approfondissement
À long terme, certains élèves pourraient :
- perdre en motivation
- voir leur curiosité diminuer
L’absence de groupes de besoin au collège peut donc représenter un manque de challenge pour les élèves les plus avancés.
Groupes de besoin supprimés : les élèves en difficulté seront-ils mieux accompagnés ?
On pourrait penser que cette réforme bénéficie avant tout aux élèves en difficulté. En réalité, la situation est plus nuancée.
Dans une classe aux niveaux très variés, les enseignants doivent simultanément :
- reprendre les bases avec certains élèves
- proposer des explications approfondies à d’autres
- maintenir une progression commune
Dans ce contexte, certains profils d’élèves peuvent être pénalisés, notamment :
- les élèves discrets
- ceux qui manquent d’autonomie
Faute d’un accompagnement suffisamment individualisé, ils risquent de passer inaperçus.

Une réforme plus égalitaire… mais des écarts toujours présents ?
L’objectif des groupes de besoin au collège était de réduire les inégalités.
Mais en devenant facultatifs, une autre réalité apparaît :
les écarts entre élèves ne disparaissent pas — et pourraient même s’accentuer.
Pourquoi ?
Parce que le soutien hors de l’école devient déterminant :
- certaines familles offrent un suivi régulier
- d’autres proposent des exercices ou activités supplémentaires
- certains élèves ne bénéficient d’aucun accompagnement
Résultat : les inégalités ne se jouent plus seulement en classe, mais aussi à la maison.
Rentrée 2026 : comment accompagner efficacement votre enfant sans groupes de besoin ?
Dans ce nouveau contexte, le rôle des parents devient essentiel. Voici des actions concrètes à mettre en place :
Mettre en place des habitudes de travail régulières
Un rythme de travail stable permet d’éviter les lacunes, surtout lorsque l’accompagnement en classe est moins personnalisé.
Encourager l’autonomie
Aujourd’hui plus que jamais, les élèves doivent apprendre à :
- poser des questions
- faire des recherches
- participer activement en classe
Consolider les bases, en particulier en mathématiques
Les fondamentaux sont indispensables. La moindre difficulté non résolue peut rapidement bloquer les apprentissages suivants.
Proposer des exercices adaptés au niveau de votre enfant
Chaque élève a besoin de défis à sa mesure :
- pour les élèves à l’aise : des exercices plus avancés
- pour ceux qui en ont besoin : un entraînement ciblé pour renforcer les bases
À propos de Think Academy
Think Academy en France se concentre sur la formation à la pensée mathématique pour les enfants de 5 à 12 ans. Les cours utilisent des exercices comme support, et, en fonction de l’âge et du développement cognitif des enfants, les enseignants appliquent une méthode pédagogique qui va du concret à l’abstrait, afin de cultiver la capacité de réflexion autonome des enfants, la construction de modèles et de méthodologies, ainsi que leur capacité à appliquer les connaissances dans des contextes variés.

