Comme nous l’avons déjà évoqué, l’Assemblée nationale française a adopté, lors des séances des 26 et 27 janvier, une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.
Cette mesure, soutenue par le président Emmanuel Macron, a pour objectif de protéger les enfants contre les effets d’une utilisation excessive des écrans.
Le texte a été adopté par 130 voix pour et 21 contre. Il sera prochainement examiné par le Sénat. Les autorités françaises souhaitent que la mesure entre en vigueur à la rentrée scolaire de septembre 2026, pour les nouveaux comptes créés.
Si elle est définitivement adoptée, la France pourrait devenir le deuxième pays, après l’Australie, à instaurer une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
La limitation de l’usage des réseaux sociaux par les mineurs bénéficie d’un large soutien dans l’opinion publique. Selon un sondage publié en août 2025, 79 % des parents français se déclarent favorables à l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans.
Aider les enfants à gérer leur temps d’écran est en effet un sujet de préoccupation pour de nombreuses familles. Think Academy France estime que, plutôt que d’en faire une « lutte de pouvoir », il vaut mieux considérer cette question comme un processus à long terme visant à développer l’autodiscipline et l’éducation aux médias.

Interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans : accompagner l’enfant au quotidien
Toute la famille participe : établir une « charte d’usage des médias »
N’annoncez pas les règles de manière unilatérale. Choisissez un moment détendu pour en discuter avec votre enfant.
Vous pouvez lui demander :
« Selon toi, combien de temps d’écran par jour est raisonnable ? »
« Quelles tâches doivent être terminées avant d’y avoir accès ? »
Lorsque l’enfant participe à l’élaboration des règles, il est beaucoup plus enclin à les respecter. Les règles peuvent être mises par écrit et signées par tous les membres de la famille. Les parents doivent également montrer l’exemple (par exemple, ne pas consulter leur téléphone pendant les repas).
Utiliser des outils de gestion du temps visuels
Pour les jeunes enfants qui ne savent pas encore lire l’heure, le temps reste une notion abstraite.
On peut utiliser un minuteur ou une application de gestion du temps afin que l’enfant voie clairement le « temps restant » diminuer.
Par exemple :
« Quand le dessin animé se termine et que le minuteur sonne, on éteint. »
Cela permet à l’enfant d’anticiper la fin, plutôt que d’entendre soudainement : « C’est fini. »
Le contenu est plus important que la durée
Plutôt que de compter chaque minute, il est utile de s’intéresser à ce que l’enfant regarde.
Des programmes éducatifs de qualité ou des applications créatives ont davantage de valeur qu’un défilement sans objectif de vidéos courtes. Regarder ensemble, discuter de l’histoire, transformer le temps d’écran en moment d’échange peut changer la dynamique.
Créer une attente positive après l’écran
Il est important que l’enfant comprenne qu’éteindre l’écran ne signifie pas « la fin du plaisir », mais le début d’une autre activité agréable.
Par exemple :
« Après cet épisode, on va faire du vélo au parc. »
« On éteint la télévision et maman joue aux briques avec toi. »
Si l’activité suivante est attrayante, l’enfant acceptera plus facilement la transition.
Créer des espaces et des moments sans écran
Il est possible de définir des zones sans appareils électroniques (comme la salle à manger ou la chambre) ainsi que des moments spécifiques (le temps du repas, l’heure précédant le coucher).
Ces repères ne concernent pas uniquement les enfants : ils permettent à toute la famille de préserver des temps d’échange et de repos de meilleure qualité.

Interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans : opposer la richesse du réel au virtuel
Bien souvent, si les enfants sont attirés par les écrans, c’est parce qu’ils s’ennuient. Lorsque la vie réelle est suffisamment stimulante, l’attrait du numérique diminue naturellement.
À la maison, on peut prévoir du matériel créatif, des kits d’expériences scientifiques, des jeux de société ou des briques de construction.
Quand l’enfant dit : « Je ne sais pas quoi faire », on peut proposer :« Et si on faisait une petite expérience scientifique ? »
Il est également bénéfique d’organiser régulièrement des activités en plein air, même simples : courir en bas de l’immeuble, observer les fourmis, faire du vélo. La nature constitue un excellent antidote à la surcharge d’écrans.
Enfin, aider l’enfant à trouver une activité dans laquelle il peut s’investir pleinement — dessin, puzzle, sport, musique — lui permet de développer un sentiment d’accomplissement. Lorsqu’un enfant éprouve de la satisfaction dans une activité réelle, il dépend moins de la stimulation immédiate offerte par les écrans.
L’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans fixe un cadre législatif. Mais au quotidien, c’est l’accompagnement des parents qui permet d’aider l’enfant à construire une relation plus équilibrée avec le numérique.

